Faire du gras, ce nouveau rituel de survie.
4 mois sans vous écrire. Noyée par tout un tas d’injonctions qui m’ont rattrapées et mise à terre.
Je traverse un deuil : celui de laisser partir ma vie d’avant, celle que j’ai idéalisée, pour laquelle je me suis battue, à laquelle je me suis identifiée. La vie de Celia : danseuse hors des cases, fitgirl & sportive, solaire & déterminée, celle qui ne se laisse jamais abattre, prête à tout pour réaliser ses rêves.
J’apprends à lâcher prise sur la vie de celle qui performe et se doit d’être exemplaire, la guerrière résiliente et compréhensive, celle qui est sur tous les fronts et réussit malgré les obstacles. Celle qui ne lâche rien car “quand on veut on peut”. Celle qui est en sur-vie et s’accroche à l’espoir que tout est possible.
Oui … Mais à quel prix ?
“Toute structure qui ne suit pas sa raison d’être s’auto-détruit.”
Nicolas Proupain
Cela suffit. Ce n’est plus viable à long terme.
J’ai joué un sacré personnage pour me défendre ! Une armure puissante, imposante et impressionnante parce que je me croyais en danger.
Je me suis forgée une identité de super-nana artiste & ambitieuse :
J’ai sculpté un physique de compèt’ pour ne plus avoir à revivre des moqueries sur mon corps
Je suis devenue créatrice de connexions pour ne plus me sentir exclue de groupes d’ami(e)s / de projets, être rejetée
J’ai appris à m’exprimer librement par le mouvement pour ne plus avoir à me taire lorsque je ne suis pas d’accord et “laisser couler”, j’ai réussi à donner de l’autorité à mon mouvement
J’ai développé pleins de formes pour bouger, prendre soin de ma santé mentale & physique pour ne plus me sentir paralysée, effrayée, seule
J’ai fait en sorte de devenir agile pour ne plus me sentir impuissante
J’ai voulu cocher pleins de cases pour ne plus subir le regard critique des autres et sentir que, malgré tout ce que j’avais pu percevoir, j’étais digne d’intérêt, capable de m’en sortir quoi qu’il arrive. Je voulais être LIBRE et ne plus sentir le poids des autres. On ne devient pas artiste pour rien ^^ mais…
J’ai développé tout un tas de compétences qui nourrissent aujourd’hui ma zone de génie mais … au prix fort.
Mon genou, mon couple, ma digestion, ma famille, ma santé mentale, mon indépendance, ma vie professionnelle … En l’espace de 3 ans, tout s’est cassé la binette sous le coup de la pression, de l’exigence et de l’orgueil (celui de croire que j’étais capable de tout porter, tout encaisser et ne jamais traverser l’inconfort).
Oupsyyyyy Jean-Jacques, Spoiler Alert : JE SUIS HUMAINE, pleine d’os et de chair, de forces et de souplesse… Et de fragilités aussi.
Est-ce que j’ai des regrets ? Non, absolument pas.
Têtue et déterminée comme j’étais, ce sont les seuls leviers suffisamment puissants que la vie a trouvé pour me stopper dans une course qui n’était pas la mienne : une forme de fuite pour ne pas devenir qui je suis vraiment. Un “je suis” qui dérange et vient remuer l’ordre établi des structures établies.
Alors pour être inclue, écoutée et me sentir valorisée, j’ai poussé à l’extrême tout ce que j’ai fait. Toujours plus Cécé ! j’ai développé des stratégies (viables à court terme).
Néanmoins … On ne peut pas pousser des murs. Alors, on se les prend de pleine face. 🫣
➡️ On s’accepte d’être humain et impuissant, vulnérable, touché - aussi.
J’peux vous dire que cette réalité, elle pique quand on a exagéré sa force 😅
A la hauteur à laquelle je me suis évertuée à atteindre un objectif et repousser mes limites, je suis tombée de tout aussi haut. Eh oui ! La vie rétablit toujours l’équilibre pour nous aider à retrouver notre justesse, notre milieu, notre “je" authentique.
NB : la vie sera toujours au dessus lol
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